Coralie, Emma, Elvine : des fans et des pros à cheval « CAMARGUE »

A travers les âges

Les ancêtres des chevaux seraient apparus pendant l’Eocène, qui appartient à la période Paléogène, sur l’échelle des temps géologiques.

Un aperçu du climat à cette époque (fin de la dernière époque glaciaire), indique des caractéristiques sources d’informations pour mieux comprendre l’évolution de notre climat dans les années à venir.

De petite taille

Inférieur et haut de moins de 30 cm, doté de quatre doigts aux membres antérieurs et de trois aux membres postérieurs, ce précurseur du cheval est baptisé Eohippus par les paléontologues. Il émigre progressivement d’Asie vers l’Europe.

  • Puis se succèdent : le mesohippus, haut d’un peu plus d’un mètre, trois doigts aux membres antérieurs 
  • le pliohippus, 110 cm, s’appuie sur un seul doigt 
  • l’Eqqus caballus, proche de l’Eqqus prjevalski et cheval que nous connaissons aujourd’hui. 

Trois cent espèces de chevaux vont se succéder. Cinq tentatives seront nécessaires pour que l’espèce survive, s’adapte et atteigne notre continent. 

image par Mike Goad de Pixabay

L’atlas des chevaux

En 1977, un atlas de la répartition des races de chevaux dans le monde, permet de suivre le développement historique des déplacements des ancêtres des chevaux, d’est en ouest. Depuis l’eqqus prjevalski en Mongolie et en Chine jusqu’aux races western, apparues il y a plus de 480 ans aux Etats-Unis.  En 2011, l’IFCE recense près de 397 races dans le monde 

Photo de Anastasia Shuraeva sur Pexels.com

Survivre et enfin vivre

Au fil de son évolution, le cheval  grandit, ses membres se développent, la denture s’adapte à l’environnement (du mammifère forestier mangeur de feuilles, au coureur des plaines, mangeur de graines et d’herbe. Avec une tête toujours plus redressée, des yeux plus écartés pour mieux voir, même vers l’arrière et pour mieux se garder.

sources : le cheval, origines, races, aptitudes par Nereo Lugli

Homos sapiens sapiens

La civilisation magdalénienne (période du paléolithique supérieur), “homos sapiens sapiens” débute il y a plus de 17000 ans pour durer pendant six milles ans.

Elle est dotée des derniers grands chasseurs paléolithiques, les magdaléniens, qui s’installent essentiellement dans le sud-ouest de la France et en Espagne (témoignages de leurs vies dans la grotte de Chauvet et de Lascaux). La vie y est dominée par le monde animal et végétal.

Les troupeaux de plusieurs espèces parcourent de vastes étendues lors des migrations saisonnières. L’agriculture et l’élevage des animaux n’existent pas encore et ne sont pas compatibles avec leur mode de vie. Les magdaléniens connaissent par contre parfaitement leur environnement, leur territoire et les mouvements de migrations des animaux

sources les magdaléniens d’Enrico Pozzi,  traduit de l’italien par Danielle Depracter et Sandra de la Torre éditions Jérôme Millon

Ainsi, le cheval de race camargue descendrait du cheval de Solutré – le cheval de Solutré : (eqqus caballus gallicus), 1,40 m au garrot (des ossements sont découverts en 1866 près du gisement de Solutré (région de Mâcon). Les chevaux vivent en hiver dans la Vallée du Rhône et de la Saône, puis se déplacent vers le sud-ouest de la France.

Le gardien des troupeaux et l’équitation de travail et de traditions

Démonstration de tri à la Manade Pierre Aubanel

Cette discipline équestre est passionnante. Les chevaux de race camargue s’y prêtent bien. Ils sont façonnés par les gardians pour les aider dans leur travail auprès des troupeaux de taureaux de race camargue.

Ils font preuve de cette polyvalence tant recherchée par les cavaliers. Ce cheval, dont le standard évolue encore, est réputé pour sa fiabilité et sa capacité d’adaptation. Cheval camargue, cheval roi en France dans la conduite et le tri des taureaux, il révèle ici ses grandes qualités. 

Aujourd’hui ce cheval s’adapte toujours. Les cavaliers montent aussi en équitation de loisir. Chacun arrive avec sa propre histoire, son énergie et ses rêves. Le cadre bouge et le standard de la race évolue aussi pour être actuellement d’1,50 m au garrot

Le temps d’apprendre, la patience d’enseigner : les bonnes pratiques autour du cheval

Choisir un poulain parmi d’autres pour des raisons, des critères personnels bien sûr. Ou un équidé élevé et prêt au travail. Ou monter sans que l’on en soit propriétaire. Bref tout est possible en équitation.

L’essentiel c’est quoi ? Trouver l’équilibre avec ce fidèle ami. Le respecter et l’ accompagner. Comme il saura accompagner à son tour. Bien sûr dans le travail c’est mieux semble-t-il. Certes. Mais comprendre son cheval et se faire comprendre, c’est aussi vital pour tous les moments partagés avec lui. 

Mettre pied à terre observe les cavaliers et cavalières et connaît Emma 22 ans, propriétaire de CAvau ( prononcer aussi kaˈvaw, du provençal Encavauca : chevaucher) et apprentie à l’élevage des sagnes.

Les motivations d’Emma 

le cheval, le cheval et encore le cheval 🙂 Une véritable passion qui ne quitte pas Emma, 22 ans et qui prépare son diplôme BPREA (Brevet professionnel responsable d’exploitation agricole en productions animales).

Le métier d’Emma 

Dans deux ans, diplôme en poche Emma envisage de passer un certificat de spécialisation dans les jeunes chevaux. Être polyvalente avant tout, explique- t-elle. La spécialisation est un plus qui fera la différence plus tard.

Le travail avec les chevaux

Il faut bien dire qu’Emma a une capacité d’écoute peu commune. Elle entend ce fameux murmure invisible que transmettent les chevaux. Avant de travailler un cheval de l’élevage, Emma observe le comportement. 

Observer c’est quoi ?

Plusieurs interactions mettent le cheval dans de bonnes ou moins bonnes dispositions. Un cheval, un caractère. L’idée c’ est aussi d’observer le cavalier pour l’accompagner au mieux. Préparer un cheval oui, mais en tenant compte des objectifs de son cavalier. L’un ne va pas sans l’ autre. Il paraît difficile de déconnecter la connaissance du cavalier de sa monture

Emma tient en main Idalgo, jeune poulain de l’élevage des sagnes

Les rêves d’ Emma

« Déjà j’ai CAveau à mes côtés. Il fait partie de mon équilibre. Il est de tempérament calme, « faut feignant » avec des pointes d’énergies dosées »

Portrait croisé avec Elvine, 21 ans 

Les motivations d’Elvine

Le cheval de race camargue, c’est une histoire de famille. Une transmission de « grand-père à petits enfants ». Elvine monte depuis toujours, c’est un mode de vie complémentaire et intégré à son quotidien.

Elvine et Glaise après le travail en carrière

Le travail avec Glaise

Glaise est né à l’élevage des sagnes. Il a bientôt 5 ans. Son débourrage est presqu’achevé. Elvine a façonné à sa main son poulain. Avec le concours de Coralie dans les apprentissages. Elles amorcent l’autonomie au galop. Elvine a accroché avec Glaise dès qu’elle l’a vue. Quelque chose les rassemblent depuis le début. Il faut bien dire qu’Elvine et Glaise s’entendent bien. Générosité et motivation sont au rendez-vous.

Le profil de Glaise

Dans le travail ce jeune cheval donne beaucoup. Il prend sur lui dans les exercices demandés. Il donne sa confiance mais pas à tout le monde. Il est à à l’écoute mais pas toujours patient 🙂

Les rêves d’Elvine

Partir en concours dans des épreuves imposées en équitation de travail et monter en liberté, à la cordelette et surtout et toujours  » se régaler » !! 

Ce qui rassemble les jeunes générations 

Ce qui plait à Emma et Elvine c’est l’état d’esprit présent à l’élevage des sagnes. C’est une deuxième famille. L’on se croise, se parle et chacun fait attention à l’autre. L’entraide est un élément moteur. Les jeunes générations renouvellent l’approche aux chevaux.

La tradition est ainsi perpétuée avec modernité. Coralie Noble nous apprend. Et aujourd’hui elle apprend de nous aussi. Les propriétaires, les cavalières ont leur propre expérience. Alors Coralie nous motive quand c’est nécessaire et finalement nous connait mieux de jour en jour. Il en va de même et de paire pour nos chevaux. 

Etre éleveuse de chevaux de race camargue

Mettre pied à terre rencontre Coralie Noble, éleveuse de chevaux de race camargue, fondatrice de l’élevage des Sagnes, https://www.elevage-des-sagnes.com à Saint Geniès de Malgoires dans le département du Gard

Coralie Noble à gauche tient en main à la longe Glaise lors du travail d’échauffement en carrière

Coralie connaît bien son métier d’éleveuse et en professionnelle des chevaux, elle évolue dans le milieu de l’équitation de travail depuis plus de 10 ans à présent. Elle a créé son propre élevage de chevaux de race camargue il y a 5 ans. 

Il s’agit de l’un des très rares élevages qui se développe hors berceau dans le nord du département, c’est-à-dire hors du berceau de naissance des poulains de la race camargue, qui se situe en camargue (delta du Rhône).

Nous avons évoqué brièvement en introduction les origines des chevaux, cette question est en trame de fond, puisque la génétique est le moteur de la conservation des races équines. Coralie l’éleveuse s’attache année après année à accorder le mâle reproducteur et la poulinière.

Dans l’article consacré à l’aigle pygargue à queue blanche, nous avons évoqué avec Jacques Olivier Travers, fondateur des Aigles du Léman, la protection et la conservation de cette espèce, qui sera réintroduite dans son milieu naturel en 2022. Si le cheval de race camargue est protégé, le travail de reproduction de la race est lui toujours en perpétuelle évolution.

Modèles et allures

Coralie explique ainsi comment s’organise la sélection génétique des chevaux de race camargue dans son élevage : 

Paddington le gris est bientôt âgé de 5 ans, comme Glaise il est né à l’élevage des sagnes.

Très attentive au modèle (physique) et au mental, le poulain reprend le type camargue et bénéficie du patrimoine génétique de ses “parents” : un dos et des reins courts, une ossature solide, une épaule bien orientée, une sortie d’encolure large qui s’harmonise avec le corps du cheval. Le mental importe tout autant, le poulain devra présenter des aptitudes telles que l’écoute et la concentration au fil de sa croissance.

La lignée “bétail” entre également en considération, le cheval camargue est un cheval de tri et doit présenter les caractéristiques le menant à “comprendre” et mettre en place des réflexes dans le travail au milieu des taureaux de race camargue. Ainsi pour Coralie, la sélection se réalise d’abord sur les modèles et aptitudes et ensuite sur les origines.

Le gardien du temple de la race des chevaux camargue

L’association des éleveurs de chevaux de race camargue est jeune, créée en 1964. Coralie explique le fonctionnement : « avec les premiers reproducteurs, les étalons étaient soumis à une approbation, test de modèle et d’allure. Les juments pouvaient alors reproduire sans spécificités.

Protection de la race 

En 1977 le standard de la race est créé afin de protéger l’espèce et son mode de vie. Les haras nationaux confient le stud book à l’association des éleveurs de chevaux de race camargue. 

Le stud book est le livre des origines des chevaux dans lequel les lignées sont répertoriées.

Vers les années 2005 le stud-book est ouvert afin d’apporter de nouveaux individus pour diversifier et mettre fin à des problèmes de consanguinité. 

Depuis quelques années le test aptitude au bétail est obligatoire pour les étalons avec aussi un test d’aptitude sur un parcours extérieur afin de mieux sélectionner.

fermer la route au bétail, du point de vue du cheval

Les juments en plus des standards doivent être pointées afin de pouvoir reproduire ». 

sources IFCE : “Le pointage est une méthode objective de description d’un individu. Il peut s’effectuer lors de rassemblements (concours d’élevage, mais aussi compétition sportive) ou en élevage. Il permet de caractériser les animaux d’une race afin de :

  • Voir si les caractéristiques observées correspondent bien à celles fixées dans la standard de race
  • Raisonner les accouplements lorsque les caractères sont héritables
  • Comparer les données de chaque individu pointé aux optimum définis par la race”

À l’élevage des sagnes, c’est sur le long terme que l’on travaille autour des chevaux reproducteurs. Plusieurs étalons permettent d’échelonner les « mariages » avec des juments de différentes origines camargue. L’idée est de pouvoir présenter des poulains, des jeunes chevaux qui conviendront à différents profils. 

sources https://equipedia.ifce.fr/elevage-et-entretien/race-et-robe/races-dequides-et-stud-book/les-races-d-equides-et-leurs-utilisations-dans-le-monde

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