L’invité : Jacques-Olivier Travers, Homme de rapaces

Il existe, dans l’univers équestre, des Hommes (et des Femmes) de chevaux. Ne l’est pas qui veut. Des qualités sont nécessaires pour prétendre en devenir un. Le parallèle existe certainement pour le monde des oiseaux. Mettre pied à terre, rencontre aujourd’hui Jacques-Olivier Travers, « Homme de rapaces ». Fauconnier professionnel et dirigeant-fondateur du parc « les aigles du léman« . Deux sites existent, le parc d’hiver situé à Morzine, le parc d’été à Sciez sur Léman. 220 rapaces de 80 espèces sont ainsi préservées.

Jacques Olivier et un pygargue vocifer
copyright photos les aigles du léman

L’on se connaît depuis nos études en communication à Lyon (EFAP), où dans mes souvenirs, un oiseau était déjà l’invité parmi les invités. Depuis, j’ai suivi avec intérêt les différents reportages, que vous avez sans doute vu également tels que le vol de Darshan en caméra embarquée depuis la tour Burj Khalifa à Dubai (plus de 800 m de dénivelé), ou depuis l’Aiguille du Midi. Les exemples sont nombreux sur le sujet.

Le cheval, médiateur

Alors me direz-vous, quel est le rapport avec les bonnes pratiques autour du cheval ? Certainement d’une part, parce que le parc propose des spectacles où chevaux et rapaces se côtoient (la fauconnerie à cheval), mais d’autre part également, parce que les bonnes pratiques existent aussi dans l’éducation des rapaces. J’apprends aussi que le cheval peut accompagner le rapace dans son éducation.. Comme quoi, ce fabuleux médiateur interagit avec plusieurs espèces.

la fauconnerie équestre -pygargue à queue blanche

Comme le cheval, l’aigle bénéficie d’un capital télévisuel captivant. Et marque les esprits. Pour se faire connaître et plus tard reconnaître, l’audace est de mise. Jacques-Olivier, le communicant, l’a parfaitement compris et intégré dans sa démarche.

Conservation de l’espèce

La conservation des espèces est une entreprise longue, où il est nécessaire de montrer, démontrer et rassurer. En équitation de travail camargue, j’apprends auprès des spécialistes que la sélection dans la race est primordiale pour sa propre conservation, reproduction et évolution. Nous en reparlerons plus-tard dans une rencontre avec Coralie, éleveuse de chevaux de race camargue.

Par la main de l’Homme

Jacques-Olivier Travers explique qu’il a fallu près de 15 ans pour que son projet sur la ré-introduction des pygargues à queue blanche prenne un tournant décisif. (En 2016, son statut IUCN en France est passé d’ espèce disparue de France métropolitaine à en danger critique d’extinction – source wikipédia).

Cet aigle pécheur a disparu en 1892 des abords du lac léman, par la main de l’Homme. En 2022, il sera réintroduit progressivement dans son milieu naturel, par la main de l’Homme. Qualifié d’oiseau « régulateur », son régime alimentaire est large, il participe à la biodiversité du massif alpin.

Ainsi la protection des rapaces est un fil conducteur puissant dans la mission passionnante de Jacques-Olivier. Pour soutenir la conservation des rapaces dans les Alpes, il crée en collaboration avec Chopard, le manufacturier suisse de joaillerie, l’eAAaglewingsfoundation. Offrant ainsi au Pyrargue, ambassadeur de la fondation, un devenir.

Comme pour l’éducation d’un cheval, s’engage alors une discussion entre l’éleveur et son animal.

copyright photos les aigles du léman

Apprendre à voler

Des codes se mettent en place qui permettront à l’oiseau d’apprendre à voler. La naissance en captivité nécessite que le fauconnier « prenne la place » d’un parent. Il en découle pour Jacques-Olivier de s’apparenter à eux, en volant à leurs côtés. En parapente, en ulm, parfois même en avion. Dans les airs, « l’oiseau comprend son intérêt de rester aux côtés du fauconnier ».

Focus « histoire courte de la fauconnerie »

La fauconnerie est introduite en France sous le règne des premiers Rois mérovingiens. Elle connaît son âge d’or avec Louis XIII (Roi de France 1610-1643), dit « Louis le Juste », fils de Marie de Médicis et d’Henry IV. Son règne est entre autre marqué par l’avènement d’un Etat centralisé et tout puissant.

Qualifié de « roi soldat », il est un cavalier réputé. Quand il n’est pas sur les champs de bataille, il pratique la chasse au vol.

Les oiseaux du « Cabinet du roi » suivent Louis XIII dans ses déplacements, tant il apprécie leur concours. (300 oiseaux sont spécialisés dans différents vols et proies)

Et de nos jours

La fauconnerie est inscrite en 2016 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO.

extraits de la présentation réalisée sur le site de l’unesco :

« Utilisée à l’origine pour se procurer de la nourriture, la fauconnerie est désormais davantage liée à la protection de la nature, au patrimoine culturel et à l’engagement social des communautés. Suivant leurs propres traditions et principes éthiques, les fauconniers dressent, forment et font voler des oiseaux de proie en développant un lien avec eux et en devenant leur principale source de protection».

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